À savoir

Un stage dans l’édition

Il est plus facile et rapide de trouver un stage qu’un emploi. Raison de plus pour être exigeant sur le contenu du stage et sur son niveau de professionnalisation. 

Vous êtes étudiant(e), niveau bac+ 4 ou +5 avec une formation littéraire solide, complétée par des modules édition ou métiers du livre ? Votre demande de stage sur un site spécialisé suscite illico un bouquet d’offres. En 3 jours, vous êtes recruté(e) ! Les éditeurs, gros et petits, restent aux aguets, mais les gros sont plus attirants. Or, disons-le tout net, il vaut mieux valoriser sa formation chez un petit éditeur que servir de bouche-trou dans une grande et prestigieuse maison.

Des offres qui ne se refusent pas

Hors saison (en automne par exemple), les offres de stage d’assistant(e) éditorial(e) sont déjà nombreuses. C’est encourageant pour les étudiants qui s’orientent vers l’édition, mais décevant pour ceux des promos précédentes, qui cherchent à transformer en un emploi l’expérience qu’ils ont acquise en plusieurs stages. C’est aussi un symptôme de la fuite en avant des gros éditeurs, qui produisent de plus en plus, en investissant le moins possible.

En outre, c’est aussi un souci pour les petits éditeurs et les agences éditoriales, qui parviennent de moins en moins à attirer les étudiants, courtisés par des maisons plus connues. Ils ont pourtant un réel besoin des stagiaires auxquels, en contrepartie de leur investissement dans l’entreprise, ils offrent une formation professionnelle aussi bonne qu’ailleurs, voire meilleure.

Une formation contre un travail ?

Au-delà de « la découverte du milieu éditorial », voici le deal de base du stage : une formation pro contre un travail quasi-pro. Le stagiaire et l’entreprise y gagnent. Pourtant, ce modèle est mis à mal par la réalité de la production éditoriale à marche forcée.

Imaginez-vous dans le saint des saints : une grande maison d’édition. Votre bonheur sera de courte durée si, comme beaucoup de vos camarades stagiaires, vous vous voyez confier des tâches peu créatives et monotones. Ou alors, ce sera tout le contraire : on vous attribuera d’écrasantes responsabilités à assumer au pied levé, car vous remplacerez par exemple une salariée en congé maternité.

Témoignage de Marion sur le site CursusMundus : « De mes expériences françaises de stage, je retiens surtout qu’un stagiaire est… un stagiaire ! Et que souvent on va lui donner les tâches qu’on ne veut pas faire. Il n’y a pas toujours d’envie de transmission de savoir et d’apprentissage… C’est dommage, c’est à ça que ça sert un stage normalement. » Marion, qui vient d’effectuer un stage au Québec, ajoute ceci « Moi qui avais eu l’habitude de tout apprendre en deux jours lors de mes précédents stages [en France], ici [au Québec] on m’expliquait les choses les unes après les autres. ».

Le tremplin des packagers

Si même de grandes maisons d’édition comptent sur les stagiaires pour remplacer des ressources internes qu’elles ne peuvent pas recruter, est-ce vraiment par manque de moyens ou pour satisfaire d’ambitieux objectifs de croissance ? L’ironie du sort, c’est que ces maisons confient de plus en plus de travail à des agences comme la nôtre. Ainsi, lorsque nous réalisons des projets pour elles, il peut arriver que nous soyons en rapport avec les stagiaires que nous n’avons pas pu recruter !

Depuis la création de l’agence Mativox, nous avons accueilli plus de 60 stagiaires et 35 salariés. La plupart de ceux avec lesquels nous avons gardé le contact ont poursuivi des carrières dans l’édition ou dans la communication. Voici ce que font aujourd’hui 10 anciens stagiaires de l’agence :

–   Adam et Aurélie, éditeurs dans des groupes français d’édition,

–   Françoise, responsable de collection chez un éditeur indépendant,

–   Mông Linh, chef d’édition dans une chaîne télévisée d’information,

–   Bertille, directrice de l’agence de communication d’un groupe d’édition professionnelle,

–   Lucile, secrétaire d’édition chez un éditeur de guides,

–   Joanna, conceptrice-rédactrice web,

–   Audrey, chargée de communication et community manager,

–   Julien, assistant relations publiques,

–   Aurélie, agente de projets interactifs pour une chaîne de télévision québecoise.

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By maki

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