À savoir

Les métiers de l’édition déléguée

L’édition déléguée, c’est le fait pour un éditeur de confier la réalisation de ses livres à des acteurs externes. Conception, rédaction, mise en page, iconographie,  graphisme… les métiers de l’édition déléguée sont aussi créatifs que diversifiés.

Les maisons d’édition externalisent une partie de leurs travaux vers des free-lances (lecture-correction des manuscrits, maquette, iconographie…). Il s’agit bien là de métiers d’édition déléguée. Mais certaines maisons sous-traitent  même l’essentiel de l’activité d’éditeur : la conception et la réalisation des ouvrages ! Cela détermine un métier particulier, celui de packageur.

Un packageur éditorial, ou packager, est un éditeur : au-delà de ses activités d’édition déléguée, il sait concevoir et diriger des projets d’édition dans leur globalité. Il n’est généralement pas free-lance, mais il a créé une agence éditoriale, une société de services dans l’édition.

Packager en 7 points
Édition déléguée et rentabilité
Petites équipes et grands projets
Une évolution favorable aux packageurs
Deux façons d’être packageur
À la jonction de deux réseaux

Remarque : le terme packager est anglais car le métier s’est développé dans les pays anglo-saxons ; on le francise en « packageur ».

Packager en 7 points

 

1 • Une société de services dans l’édition
2 • Plutôt en agence qu’en free-lance
3 • Un apporteur d’idées et de projets
4 • Plusieurs niches, plusieurs clients
5 • Un créateur d’emplois dans l’édition
6 • Une structure légère, souple, mais fragile
7 • Un éditeur qui ne publie pas sous son nom

 

Édition déléguée et rentabilité

 

Avec l’augmentation du nombre de livres publiés, l’édition déléguée se développe et le travail ne devrait pas manquer pour les packagers. Leurs problèmes, ce sont surtout la durée et la rentabilité des projets (trop courts pour assurer une bonne qualité ou, au contraire, trop étalés dans le temps pour être rentables). C’est pourquoi beaucoup de packagers exercent d’autres activités (éditeurs, auteurs, conseils en communication, formateurs…).

Les packagers surexploitent-ils leurs ressources internes et externes ? Pas chez Mativox (ni chez les packagers que nous connaissons) ! Il est même intéressant de noter que les packageurs créent des emplois dans l’édition et servent souvent de tremplin pour des carrières éditoriales. La plupart des salariés et des stagiaires de Mativox de ces dernières années travaillent aujourd’hui dans l’édition ou dans des secteurs voisins (journalisme, rédaction web, médiation culturelle…).

 

Petites équipes et grands projets

 

La créativité est-elle plus grande chez les petits packagers que chez les gros éditeurs ? Il n’y a pas de loi concernant la créativité. On dit souvent qu’elle est bien plus vive et audacieuse chez les petits éditeurs que chez les gros : oui et non !

– Non, parce que, même chez les gros éditeurs, les équipes de production éditoriales sont réduites, alors que leurs projets d’édition sont très nombreux : on est chez un gros comme chez un petit, mais on a plus de moyens (études, salons internationaux, équipes marketing et commerciales).

– Oui parce que les petits ont moins d’exigences de rentabilité et peuvent prendre des risques. Ils ne sont pas prisonniers d’une image, d’un catalogue, et peuvent « oser ».

 

Une évolution favorable aux packageurs

 

Dans les maisons d’édition, pour produire beaucoup en étant peu nombreux en interne, deux solutions sont mises en œuvre :

– forte proportion d’achat de droits étrangers (on traduit des livres déjà publiés dans d’autres pays) ;
– sous-traitance massive des travaux d’édition.

Cela favorise le développement de deux activités : celle d’agent international et celle de packageur.

Si le packageur réalise les ouvrages des maisons d’édition, cela ne l’empêche pas de créer ses propres livres : travailler comme sous-traitant permet de se consacrer au développement des  projets éditoriaux.

 

Deux façons d’être packageur

 

Packaging éditorial : le packageur conçoit et développe un projet éditorial, depuis l’idée jusqu’à sa réalisation et le vend « clé en main » à une maison d’édition.

– Dans le second cas, la maison d’édition a le concept et fait appel à un packageur pour le réaliser, en partie ou en totalité. Il s’agit bien là d’édition déléguée : recherche et coordination des auteurs et illustrateurs, rédaction, traduction, mise en page, relecture, correction.  Dans tous les cas, l’ouvrage paraît sous le nom de l’éditeur.

 

 À la jonction de deux réseaux

 

Les packageurs sont souvent des professionnels de l’édition qui ont choisi de s’installer à leur compte. Ils bénéficient ainsi d’un réseau, qui constitue leur plus grande force. Leurs clients, dans les maisons d’édition, sont souvent leurs anciens employeurs, des amis ou même, pour Mativox, d’anciens salariés et stagiaires.

Autre réseau nécessaire pour l’édition déléguée, celui des « fournisseurs » : les auteurs, illustrateurs, graphistes, directeurs artistiques, iconographes, maquettistes, tous ces collaborateurs free-lance ou eux-mêmes en agences, auxquels il est fait appel pour réaliser l’ouvrage. Le sous-traitant sous-traite à son tour.

L’édition déléguée conduit certains packagers à devenir des maisons d’édition à part entière, comme les éditions Sarbacane ou Copyright-Tana. La plupart des produits  réalisés sont des ouvrages illustrés : encyclopédies, beaux-livres, jeunesse, guides pratiques.

 

  |  1 Comments
By maki

One Comment

  1. Edition 8 novembre 2017 18 h 40 min

    Merci pour ces infos précises et détaillées !
    Packager ou Packageur ? Telle est la question 🙂

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